Les Petits Artistes de la Mémoire

Face à la disparition des Poilus, l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) a invité les enfants de CM2 à s’approprier leur histoire et à la transmettre en devenant des « Petits artistes de la Mémoire ».

Les Petits artistes de la mémoire est un concours organisé par l’ONACVG.

C’est ainsi que la classe de Mme Graciane de Menditte (CM2 bleu) est partie à la recherche des traces et des témoignages que les soldats de la Grande Guerre originaires de Neuilly ont laissé dans leur famille et au cœur des archives municipales.

Après avoir mené une minutieuse enquête et en s’inspirant du « carnet de poilu » réalisé par le peintre Renefer pour raconter à sa fille sa vie quotidienne au front, les enfants ont confectionné à leur tour une oeuvre mémorielle sous la forme d’un carnet de guerre artistique alliant expression littéraire et plastique retraçant le parcours de « leurs » soldats.

« Nous avons donc décidé de réaliser cinq carnets ; le profil de ces cinq personnalités (Edouard Northier, Floriana Boyé, infirmière, Louis Leroux, Gaston Barbier, Joseph André) semblait intéressant à exploiter et nous permettait de revisiter le début de la guerre, la bataille de Verdun, la vie des infirmières à Neuilly, la fin de la guerre…
Ces Neuilléens nous ont emmenés bien loin, nous ont permis de découvrir que chacun d’eux a mené sa guerre. Alors que nous avancions dans le temps, les recherches allaient bon train, les questions aussi d’ailleurs : combien gagne un soldat envoyé sur le front ? Les soldats, passent-ils une visite médicale ? Comment étaient les salles communes dans un hôpital ? l’uniforme des infirmières, la place des tirailleurs sénégalais sur le front, le travail des femmes dans une usine parisienne fabriquant des obus, comment étaient les cartes d’identité en 1914, le travail de sape et d’écoute dans les galeries, avec quelles armes détruisait-on les galeries, la vie quotidienne dans les villes (avec l’apparition des cartes de rationnement, les métiers exercés…), les renseignements sur le régiment d’intégration, la reproduction de l’insigne du régiment … » Mme De Menditte.

« Les élèves sont devenus incollables sur la vie des poilus ; ils ont découvert nombre d’informations variées, ont contacté la mairie pour obtenir un acte de décès, le service des archives pour un renseignement, deux élèves ont même essayé d’entrer en contact avec les familles (cela est resté malheureusement sans succès : pas de descendance pour l’une des familles, pas de suite pour l’autre famille…). Un travail de longue haleine qui les a bien mobilisés une grande partie de l’année. » Mme De Menditte.

  • Le député-maire Edouard Northier, qui s’est engagé à 55 ans, dans le 73e régiment d’Infanterie, dès le début de la guerre et qui est mort en Belgique, à Boesinghe, le 6 novembre 1914,
  • Floriana Boyé, infirmière à Neuilly, qui a soigné, durant toute cette période éprouvante, nombre de blessés,
  • Louis Leroux, qui a participé à la bataille de Verdun et a survécu, puisqu’un article sur les rescapés de cet événement a paru dans le journal de Neuilly en 1968, à l’occasion du 52e anniversaire de la bataille de Verdun,
  • Gaston Barbier qui s’est engagé à la fin de la guerre dans le 99e régiment d’infanterie, 2e section d’infirmier à Lyon ; il a été appelé le 21 septembre 1918 à l’âge de 33 ans, malgré un engagement tardif, il n’en a pas réchappé, puisqu’il a contracté une maladie transmise par l’un des blessés qu’il soignait.
  • Joseph André, âgé de 17 ans, s’est engagé dans le 66e régiment d’infanterie, comme volontaire le 12 juin 1915, est décédé en 1918,