EPI : qu’est-ce qui se cache vraiment derrières ces trois lettres énigmatiques ?

EPI : qu’est-ce qui se cache vraiment derrières ces trois lettres énigmatiques, issues de la Réforme du Collège et potentiellement destinée à survivre au-delà de l’alternance ministérielle ?

Comment appréhender cet Enseignement Pratique Interdisciplinaire et quelle forme lui donner in fine ? Ce sont des éléments de réponse à ces questions que tous les enseignants concernés se sont posées cette année que nous voulions proposer.
Pour ce faire, et pour respecter la prise d’initiative et le développement de l’autonomie afférent à l’esprit des EPI, plutôt que de la prendre nous-mêmes, nous avons préféré confier notre plume à un groupe d’élèves de 5ème qui s’est porté volontaires pour témoigner de cette expérience nouvelle.
Bonne lecture
Mesdames Davoux et Lescoeur

L’EPI vu par Arthur Filippi, Hippolyte Coget, Randy Razafijaonimanana, Tom Goddard, Oscar Bazin et Paul Cunin – 5ème A.

Durant le 2ème semestre, nous avons abordé un nouveau sujet d’EPI. Ce travail visant à réunir deux matières pour en approfondir un point commun entre l’Histoire et La Langue et Culture de l’Antiquité (LCA), avec comme passerelle le mouvement humaniste de la Renaissance, puisé dans la culture de l’Antiquité. Le thème devait donc mettre en interactivité la Renaissance et L’ Antiquité, et, grâce aux suggestions de nos camarades et de nos professeurs, Madame Lescoeur et Madame Davoux, nous avons choisi de simuler une rencontre entre Leonardo da Vinci, un savant Italien, assez représentatif et emblématique de son époque, avec les personnages protagonistes du livre « La fiancée de Pompéi [1]  », que nous avions à lire pour nous imprégner des connaissances qui constitueraient la base de notre travail.

Notre sujet ainsi ancré, nous avons commencé les séances. Durant ces dernières, qui se déroulaient le Jeudi ou pendant des cours d’Histoire ou de Français, nous nous sommes focalisés sur des aspects culturels importants des deux époques. Nous avons ainsi, en Histoire, étudié la Renaissance, qui s’accompagna du mouvement intellectuel de l’Humanisme, mouvement qui occasionna de grandes réflexions et engendra maints progrès ; et en LCA, nous avons travaillé sur la vie quotidienne et les us et coutumes des Romains vers le premier siècle de l’Empire.

Après quelques séances communes, créant une grande interaction entre chacun de nous et nos professeurs, qui, de leur côté, apportaient des connaissances dans leur domaine, et d’autres séances dans chacune des deux matières impliquées, nous sentant enfin prêts à aborder notre projet final, nous avons commencé à réfléchir, avec, pour tout appui, les connaissances apportées par nos travaux, et ce que nous souhaitions et pouvions faire. C’est alors que nous avons fait émergé l’idée d’une petite pièce de théâtre, divisée en scènes que nous aurions à rédiger, traitant chacune des différentes parties des connaissances du cours.

Mon groupe et moi avons choisi un sujet mettant en relief les savoirs et les connaissances propres aux deux époques, en faisant rencontrer Leonard de Vinci et Pline l’Ancien, grand savant de l’Antiquité, en confrontant les idées et les avancées de leur époque, en insistant sur les progrès scientifiques menés durant la période séparant les deux personnages.

Pour cela, nous nous sommes, dans un premier temps, renseignés de manière plus approfondie sur les progrès à mettre au premier plan et les connaissances dans le domaine scientifique qu’il était bon de confronter. Cette phase de pré-étude du sujet terminée, nous avons, mes camarades et moi-même, sélectionné les principaux thèmes de notre scène et commencé à les développer en nous appuyant sur les connaissances apportées lors des séances et par les recherches personnelles.

Ce fut la partie de notre travail la plus difficile. En effet, elle nous demanda de longues réflexions pour savoir si nos grandes idées permettaient une confrontation scientifique utile, qui faisait ressortir les principaux éléments culturels des deux époques, qui mettait bien en valeur les différences intellectuelles et surtout, qui soulignait les progrès et les évolutions.

Cette idée de confrontation intellectuelle autour de laquelle nous axions tout notre travail nous semblant tout à fait explorée, approfondie et exploitée, nous nous sommes ensuite attaqués à l’écriture de la scène. Cette phase, contrairement à ce que l’on pourrait penser, fut assez facile et ne nous demanda qu’une quinzaine d’heures.

Après de longues relectures, modifications et adaptations, nous conclûmes notre travail et commençâmes à l’apprendre, du moins pour les acteurs. Les rôles dans notre groupe avaient été répartis le plus équitablement possible : trois d’entre nous furent affectés aux décors et aux accessoires, les trois autres, dont un qui fut metteur en scène et coordonnateur de toutes les opérations, furent nommés acteurs.

Jeudi ! Enfin le jour du « tournage » ! 

A Florence au XVIe siècle, Léonardo Da Vinci, teste l’une de ses machines. Mais celle-ci se dérègle et le transporte dans l’Antiquité.  Il est alors téléporté à Pompéï en 79 après J.C.

Voici l’histoire de la rencontre entre le célèbre humaniste et le monde de l’Antiquité Romaine.

Le stress nous envahit, mais notre scène fut finalement tournée le mieux du monde. Chacun, grâce à la semaine d’apprentissage mise à notre disposition pour nous imprégner de nos répliques connut parfaitement son texte, malgré l’anxiété compréhensible. Les travailleurs de l’ombre, décorateurs et costumiers, firent du mieux qu’ils purent, s’adaptant en un temps réduit aux rapides changements de scène et de lieux de tournage.

Et finalement … ce fut une grande satisfaction personnelle.

[1] La fiancée de Pompéi, de Annie Jay : très bon livre !