Au revoir Mme de Cornulier

A l’aube de son départ à la retraite, nous avons rencontré Mme Francine de Cornulier, professeur de musique et responsable des 5ème et des 4ème à Saint Do.
Derrière l’image d’une femme à l’aspect sévère, nous avons découvert une personne sensible, passionnée et profondément altruiste.

 

 

Combien d’années avez-vous travaillé à St Do ?
J’ai passé 19 années à Saint Dominique toujours en tant que responsable de niveau et professeur de musique.
J’ai débuté avec les troisièmes et les secondes.
En 19 ans de carrière, avec 400 élèves par an, j’ai croisé la route de presque 6 000 élèves et 8 000 mélomanes en herbe.

Comment avez-vous vécu toutes ses années en tant que responsable de niveau au collège ?
La direction m’a toujours accordé une réelle confiance.
J’ai toujours travaillé de concert avec Mr Pailler, le censeur du collège, afin d’aider les adolescents à trouver la meilleure solution ou orientation possible en fonction de leurs difficultés scolaires ou comportementales.
Mais être responsable de niveau au collège, c’est avant tout être un guide pour les élèves. C’est surtout les accompagner à traverser cette difficile période qu’est l’adolescence avec bienveillance et exigence.

Et en tant que professeur de musique, que souhaitez vous que l’on garde de vous comme souvenir ?
En tant que professeur de musique, je me suis donnée comme mission de transmettre ma passion aux élèves, de leur faire découvrir et aimer la musique classique, romantique, impressionniste, au travers des œuvres incontournables du classicisme.
Je me souviens du témoignage d’un de mes anciens élèves d’1m 80 qui me disait que pour se déstresser, il jouait la Moldau à la flûte et il faisait écouter l’Andante de l’Apothéose de la danse de Beethoven à son bébé pour l’endormir….
Ma plus grande joie serait que les élèves auxquels j’ai enseigné la musique prennent plaisir et sache reconnaître les principales symphonies de Mozart ou de Beethoven, les concerti de Bach ou Liszt. J’aurais réussie ma mission si dans quelques années, ils amenaient leurs femmes, leurs maris leurs enfants, leurs petits enfants écouter un concert de musique, en leur disant : « tu sais, c’est un concerto car il y a un instrument soliste accompagné par un orchestre…. »

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Sans aucune hésitation les voyages que j’ai eu la chance de faire avec les collégiens. Je garde un merveilleux souvenir d’un voyage à Prague que nous avions fait avec Mme Bretonnière, l’ancienne directrice de St Do et Mr Pailler ; le groupe d’élèves était formidable !

 

Le voyage en Auvergne auquel je participe chaque année et celui de Salamanque resteront également de forts moments d’échanges et de rencontres avec les 4ème. Sans oublier la profession de Foi qui est un riche moment de communion.

Le mois de juin arrive à grands pas et avec lui, l’imminence de votre départ. Pouvez-vous nous parler de vos projets ?
Je vais continuer à m’investir dans le bénévolat et le caritatif.
Depuis plus de 36 ans, je suis bénévole pour le Festival international de piano de la Roque d’Anthéron qui a lieu chaque année au mois de juillet ; ce festival est un point d’ancrage exceptionnel dans le paysage musical et pianistique mondial. Toutes les créations se côtoient : classiques, contemporaines… tous les styles : jazz, électronique… et tous les artistes : les jeunes talents comme les plus grands interprètes internationaux. Nous accueillons plus de 2000 personnes par concert.
Et bien évidemment, je vais poursuivre mon engagement auprès de l’association du Père Ceyrac. Mon principal projet de retraite étant « l’Inde et les enfants ».

Comment vous est venue cette passion pour l’Inde ?
J’ai toujours beaucoup voyagé dans ma vie. J’ai visité la Birmanie, le Bénin, le Togo, le Ghana, le Cambodge, le Vietnam, Bali…. Et c’est pour l’Inde que j’ai éprouvé une réelle fascination, il y a une dizaine d’années, lorsque j’ai mis pour la première fois le pied sur cette terre ; ce pays est d’une telle richesse et d’une telle diversité que vous ne pouvez pas en revenir intact : c’est un mélange indescriptible de paysages à vous couper le souffle, de temples fascinants, de saris multicolores, d’odeurs ….Et les hindous portent en eux une réelle dévotion, une Foi incommensurable.

Arrêtons-nous si vous le voulez bien sur l’Association du Père Ceyrac. Pour les personnes qui ne connaitraient pas cette association, pouvez-vous nous la présenter ?
Le Père Ceyrac a été Missionnaire Jésuite français pendant plus de 70 ans en Inde en faveur des enfants et des exclus de la société indienne. Son combat : « non pour les droits de l’homme, Mais pour le droit d’être un homme ».
Proche de Mahatma GANDHI et Mère TERESA , il a dénoncé le système des castes et manifeste en faveur de l’intégration des dalits (intouchables).

Concrètement, aujourd’hui, l’Association du Père Ceyrac mène plusieurs actions de front.

Ce sont à la fois des actions sociales à Bombay et Pune avec un accompagnement familial, des activités d’éveil à la petite enfance et la lutte contre la tuberculose que des actions auprès des tribus des Irulas.

 

 

Ceci pour leur permettre entre autre de négocier avec le gouvernement pour l’obtention de terrains, la construction de maisons, l’accès à l’eau et la plantation de jeunes arbres.

Et vous Mme de Cornulier, quelle est ou quelle sera votre mission au sein de cette association ?
Je m’occupe déjà aujourd’hui de toute la partie administrative et de la rédaction de la newsletter.
Demain, une fois libérée de mes obligations professionnelles, je vais pouvoir être plus sur le terrain pour m’assurer de la qualité des actions menées et du fait que les objectifs soient correctement atteints.
Parallèlement, je vais développer les relations que nous entretenons avec les associations indiennes locales.

Je vous laisse le mot de la fin …

Je pars vers de nouvelles aventures… Je reviendrai avec joie à St Do pour faire vivre ce projet avec Vous Tous, la Direction, les parents d’élèves, les professeurs et bien sûr les élèves.
Namasté